(Non)-recours et « grand âge »

En partenariat avec la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) et l'EN3S, l'Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore) — rattaché au Laboratoire de sciences sociales Pacte de l'Université de Grenoble — a mené une étude sur le non-recours aux droits et aux services des personnes de plus de 60 ans, notamment en matière d'autonomie et de soins.


Un webinaire consacré à la présentation du rapport a été organisé. Il a permis à Héléna Revil et Catherine Gucher, chercheuses au Laboratoire de sciences sociales PACTE de l’Université Grenoble‑Alpes, d’analyser en profondeur les causes et les implications du non‑recours.

Dominique Libault, président du Haut-conseil au financement de la protection sociale et directeur de l’EN3S a, quant à lui, présenté des pistes d’amélioration pour faciliter l’accès aux droits et services destinés aux personnes âgées.

Replay – Webinaire

Zoom sur le rapport

Parmi la population étudiée, deux personnes sur trois ne bénéficient pas de l’ensemble des droits et services auxquelles elles pourraient prétendre. Ce non-recours, qui est le plus souvent partiel, s’explique par la façon dont les droits et services sont organisés dans ces domaines, ainsi que par les ressources disponibles pour les mettre en œuvre sur les territoires. Les changements récents dans les façons d’accéder aux droits et aux services jouent également un rôle, comme la dématérialisation des démarches administratives ou la fermeture de points d’accueil de proximité.

L’enquête qualitative a été menée auprès de plus d’une soixantaine de personnes de plus de 60 ans, vivant en zones rurales, parfois montagneuses, et urbaines. Elle souligne que le non-recours, en particulier chez les personnes les plus âgées, ne peut se comprendre sans prendre en compte certaines spécificités liées au vieillissement. C’est le cas par exemple du phénomène de déprise ou de la fatigue de vivre.

Les enjeux familiaux et conjugaux sont en outre très présents. Ils peuvent expliquer certaines situations de non-demande. En effet, certaines personnes craignent les conséquences qu’un recours pourrait avoir sur l’organisation de leur quotidien ou sur leurs relations familiales.

L’étude montre également comment des situations de précarité sociale, passées ou présentes, peuvent renforcer le non-recours aux droits et services dans le domaine du soutien à l’autonomie ou de la santé. Plus généralement, elle souligne l’intérêt d’analyser les situations de non-recours de manière progressive, en les replacant dans la durée.

Enfin, l’étude met en lumière les portes d’entrée que les personnes connaissent. Une partie d’entre elles les a déjà utilisées pour obtenir leurs droits ou bénéficier de certains services.

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