Karine Nerguararian

Secrétaire générale

ARS Nouvelle-Aquitaine

Publié le 03.10.2022

"C’est une expérience à la fois exigeante et enrichissante, qui donne du sens à notre engagement en tant qu’acteurs du service public de la Sécurité sociale."

L’EN3S vous propose de partir à la rencontre d’anciens élèves de l’École, diplômés de la formation « Dirigeant d’un organisme de protection sociale ». Ils partagent leur parcours professionnel et leur expérience depuis leur passage à l’EN3S.

Pouvez-vous revenir sur les débuts de votre parcours professionnel ?

J’ai débuté ma carrière à la Caisse primaire d’assurance maladie (Cpam) de Blois, en contrat à durée déterminée, à une époque où les feuilles de soins étaient encore traitées manuellement.
Après un DESS de droit, j’ai rejoint l’Urssaf des Côtes-d’Armor, en Bretagne, en tant que responsable du service juridique.
Cinq années plus tard, j’ai eu l’opportunité de présenter le concours de l’EN3S. À l’époque, un délai d’exercice était nécessaire avant de pouvoir candidater, et j’ai eu la chance d’intégrer la préparation UCANSS en décembre 2006. Après huit mois d’un travail intensif, j’ai été reçue dès ma première tentative, en novembre 2007.

J’ai donc effectué ma scolarité à l’EN3S entre janvier 2008 et juillet 2009. Intégrer l’École à temps plein, c’est une véritable parenthèse professionnelle, une expérience unique de formation et de réflexion.

C’est aussi, en tant que femme et mère, un défi d’équilibre entre vie familiale et vie professionnelle. Mais c’est surtout une chance exceptionnelle : pendant 18 mois, nous nous consacrons entièrement à l’apprentissage du métier de cadre dirigeant de la Sécurité sociale, en alternant stages, cours, travaux de groupe et découvertes interbranches.
Cette période m’a permis de comprendre la richesse et la complémentarité des différentes branches, et de construire un réseau durable avec des collègues que je retrouve encore régulièrement aujourd’hui.

Quelles ont été vos premières fonctions après la scolarité ?

À la sortie de l’École, j’ai intégré la Cpam des Côtes-d’Armor, où j’avais réalisé mon stage de direction sur la thématique des risques psychosociaux.
J’y ai occupé le poste de fondée de pouvoir à la comptabilité, un véritable défi, puisque je n’avais jamais travaillé dans ce domaine auparavant.
J’ai dû m’appuyer sur les enseignements reçus à l’EN3S pour m’approprier les notions comptables et financières. Cette expérience a été extrêmement formatrice et m’a ouvert la voie à des responsabilités plus larges.

En mars 2011, j’ai été nommée directrice comptable et financière (DCF) à la Caf de la Charente, poste que j’ai occupé pendant plus de huit ans. Ces années m’ont permis de développer une expertise managériale solide et une vision stratégique des enjeux financiers au sein de la branche Famille.

Comment s’est déroulé votre passage à la Cnaf ?

En parallèle de mes fonctions à la Caf de la Charente, la Cnaf m’a proposé, fin 2017, de piloter le projet de transformation numérique interne (TNI) de la branche Famille, tout en conservant mon poste de DCF.
Ce double engagement a représenté une charge de travail conséquente, mais aussi une opportunité exceptionnelle d’intégrer la Caisse nationale et de participer à un projet structurant pour tout le réseau.

Avec les équipes de la Cnaf, nous avons accompagné 100 Caf dans la mise en place d’outils numériques collaboratifs, qui se sont révélés particulièrement précieux lors de la crise sanitaire de 2020, en facilitant la continuité des activités pendant le confinement.
Cette réussite collective a démontré la capacité du réseau à se mobiliser autour d’une transformation d’envergure.

Vous avez ensuite pris la direction d’un projet gouvernemental majeur. Pouvez-vous nous en parler ?

À l’été 2019, forte de ces expériences, j’ai été sollicitée pour prendre la direction du projet d’intermédiation financière des pensions alimentaires, un projet phare du gouvernement, confié à la Cnaf et à l’Agence pour le recouvrement et l’intermédiation des pensions alimentaires (ARIPA).
J’ai intégré la direction du réseau de la Cnaf en septembre 2019 pour conduire cette réforme, destinée à sécuriser le versement des pensions alimentaires et à prévenir les impayés.

Ce projet a mobilisé des moyens considérables :

Depuis mars 2022, le dispositif est devenu systématique pour toute décision de justice fixant une pension alimentaire. C’est un changement structurel majeur, soutenu et suivi de près par les pouvoirs publics.

Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté, à titre professionnel et personnel ?

Travailler à la Cnaf, ou plus généralement dans une caisse nationale, représente une véritable chance pour un cadre dirigeant du réseau.
Cela permet de mobiliser son expérience de terrain pour contribuer à des projets nationaux d’envergure, tout en gardant une vision pragmatique des enjeux opérationnels.

Cette mission m’a permis de prendre du recul sur les politiques menées au niveau national, d’en comprendre les orientations stratégiques, mais aussi les contraintes institutionnelles et politiques qui les encadrent.
C’est une expérience à la fois exigeante et enrichissante, qui donne du sens à notre engagement en tant qu’acteurs du service public de la Sécurité sociale.

Écouter son témoignage en format podcast

Le parcours de Karine Nerguararian

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