Thomas Desmoulins

Directeur du département prévention, contrôles et lutte contre la fraude

Cnaf

Publié le 02.05.2018

"Je n’aurais jamais imaginé, à l’époque, travailler un jour dans la branche Famille ; cela illustre bien la diversité des carrières que permet la Sécurité sociale et la richesse des opportunités offertes après l’École"

L’EN3S vous propose de partir à la rencontre d’anciens élèves de l’École, diplômés de la formation « Dirigeant d’un organisme de protection sociale ». Ils partagent leur parcours professionnel et leur expérience depuis leur passage à l’EN3S.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours depuis votre sortie de l’EN3S ?

À ma sortie de l’EN3S, j’ai intégré l’Urssaf Champagne-Ardenne, où j’ai successivement occupé les fonctions de sous-directeur puis de directeur adjoint.
Ce poste m’a permis d’exercer des responsabilités variées, à la fois régionales — pilotage de la production, de la relation de service, de la réglementation et de la sécurisation juridique — et départementales, à travers la gestion de plusieurs sites et la coordination avec de nombreux partenaires locaux (préfectures, services fiscaux, commissions de chefs de services financiers, etc.).

Cette expérience a été particulièrement riche et formatrice, tant par la diversité des sujets traités que par la dimension partenariale du poste. Après trois années passées à Chaumont, Troyes puis Reims, j’ai souhaité poursuivre mon parcours en changeant de périmètre. J’ai alors rejoint la Cnaf à Paris, en tant que directeur du département prévention, contrôles et lutte contre la fraude, marquant ainsi une mobilité de branche tout en restant dans le champ de la Sécurité sociale.

Quelles sont vos principales missions au quotidien ?

Le fil conducteur de mes missions, c’est la recherche du juste droit : veiller à ce que les prestations versées correspondent exactement à ce à quoi les allocataires ont droit — ni plus, ni moins.

Cela se traduit d’abord par une action de contrôle, pour s’assurer que les prestations sont correctement attribuées sur la base de déclarations fiables. Lorsqu’une intention frauduleuse est détectée, nous agissons pour prévenir et sanctionner la fraude.
Dans ce cadre, nous avons créé, il y a deux ans, le Service national de lutte contre la fraude à enjeu, qui regroupe une trentaine de contrôleurs spécialisés. Ce service cible les fraudes complexes et organisées, souvent liées à des usurpations d’identité ou de coordonnées bancaires, à des montages juridiques frauduleux, ou encore à des réseaux structurés dans des secteurs comme le logement. Cette approche, à la fois transversale et collaborative, mobilise de nombreux acteurs institutionnels et contribue à la protection du système dans son ensemble.

Mais le juste droit, c’est aussi tous les droits. Nous œuvrons également à la lutte contre le non-recours, en identifiant les personnes qui ne sollicitent pas toutes les prestations auxquelles elles peuvent prétendre. Grâce à des dispositifs comme la mutualisation des ressources, nous développons de nouvelles approches pour aller vers ces publics et favoriser leur accès effectif à leurs droits.

L’ensemble de cette politique est co-construite avec le réseau des 101 Caf, en lien étroit avec l’État et la Direction de la Sécurité sociale (DSS), notamment dans le cadre des discussions autour de la Convention d’objectifs et de gestion (COG). Cette dimension collective et partenariale est au cœur de notre action.

Qu’est-ce qui vous a conduit à choisir l’EN3S ?

Avant d’intégrer l’EN3S, je travaillais comme juriste à l’Acoss, aujourd’hui Urssaf Caisse nationale. J’aimais mon métier, mais je ressentais le besoin d’évoluer vers des fonctions d’encadrement et de pilotage stratégique. J’avais envie de construire, transformer, impulser des projets et de participer plus directement à la mise en œuvre des politiques sociales.

C’est cette envie d’agir, conjuguée à l’encouragement de mes managers, qui m’a poussé à me préparer au concours de l’EN3S. J’ai eu la chance de le réussir du premier coup, et cette formation a véritablement été un tremplin professionnel et personnel.
Je n’aurais jamais imaginé, à l’époque, travailler un jour dans la branche Famille ; cela illustre bien la diversité des carrières que permet la Sécurité sociale et la richesse des opportunités offertes après l’École.

Quel conseil donneriez-vous aux candidats qui préparent le concours de l’EN3S ?

Je donnerais trois conseils essentiels :

D’abord, la détermination. La préparation du concours est un long parcours, souvent exigeant. Il faut être conscient de l’investissement que cela représente, y compris sur le plan personnel. La régularité et l’endurance sont les clés de la réussite.

Ensuite, le travail. La protection sociale, ses politiques et ses enjeux ne s’improvisent pas : cela se travaille, se lit, se comprend. Une préparation approfondie et structurée est indispensable.

Enfin, soyez vous-même. Le jury recrute avant tout des futurs collègues, pas des candidats formatés. Restez naturels, appuyez-vous sur vos expériences, vos compétences et vos convictions. Ce sont elles qui feront la différence.

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